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LES QUATRE BOUGIES DU PETIT BERGER

dimanche 11 janvier 2015, par Jean-Pierre

Le petit Daniel, qui n’avait que 5 ans, ne quittait pas Jean d’une semelle. Cet épais brouillard lui faisait peur. Mais Jean était grand et fort : il le protègerait ! Un agneau blanc comme neige sautillait autour d’eux en bêlant. Alors Jean le confia à Daniel : « Tiens, dit-il, c’est notre plus jeune agneau. Veille bien sur lui ! ».

Daniel était fier, il ne lâchait pas des yeux son petit agneau et la nuit, il le réchauffait contre sa poitrine. Au bout de six jours, il ne restait plus d’herbe dans le pré. Il fallait mener les moutons ailleurs. Daniel voulut aider Jean à rassembler le troupeau, mais celui-ci refusa : "Repose-toi, lui dit-il, tu as eu suffisamment à faire avec ton agneau !".

C’était vrai : sans arrêt, le petit berger avait dû le chercher et le rattraper. Daniel s’assit alors sous un arbre et l’agneau se blottit contre lui. Bientôt, Daniel s’endormit. Alors, il sentit une merveilleuse odeur de roses et de lys. Il crut entendre aussi des chants de fête. Puis plus rien. Quand il ouvrit les yeux, Jean se tenait devant lui, l’air fâché : « Où est l’agneau ? » lui demanda-t-il. Daniel bondit, il appela l’agneau blanc. Il le chercha partout. Ce fut en vain : il ne le trouva nulle part. L’agneau avait disparu.

Jean lui dit alors : « Il faut absolument que tu le retrouves ! » Et comme la nuit était noire, et qu’il voyait bien que Daniel avait un peu peur, Jean alla chercher dans sa chambre la lanterne qu’un voyageur lui avait donnée en disant qu’elle guiderait toute personne en détresse. C’était une lanterne à quatre bougies et Jean recommanda à Daniel d’en prendre soin. Muni de cette lumière rassurante, Daniel partit à la recherche de son agneau. Il chercha pendant toute la nuit, et pendant toute la journée, sans trouver trace de l’agneau. Le soleil se couchait. Daniel était sur le point d’abandonner tout espoir, lorsqu’il entendit un bruit derrière un rocher.

« Agneau, mon petit agneau ! » cria-t-il.

Une grosse voix répondit : « Qu’est-ce que tu cherches ? Un agneau ? »

Et un grand homme se dressa tout à coup devant Daniel. Effrayé, le petit berger voulut se sauver.

« N’aie pas peur, dit l’homme, mais si tu cherches un agneau, tu le trouveras dans le champ des oliviers, là-bas. Je l’ai vu. Il est tout petit et blanc comme la neige. »

« Oh ! Tu as trouvé mon agneau, s’écria Daniel, merci, merci ! Est-ce que je peux t’aider moi aussi ? « Personne ne peut m’aider, dit l’homme, je suis trop méchant. » « Non, non ! », dit Daniel, en tendant une de ses bougies à l’homme. « Prends-la, elle t’éclairera ! Pourquoi me faudrait-il quatre bougies alors que tu n’en as aucune ? Trois me suffisent. » « Tu me la donnes ? A moi ?, s’étonna l’homme qui était un voleur. C’est la première fois dans ma vie que quelqu’un me donne quelque chose. Merci beaucoup ! ».

Le jour baissait. Daniel se dépêcha d’aller vers le champ d’oliviers pour enfin retrouver son agneau. Là-bas, il y avait une grotte toute sombre et dans la grotte, quelque chose bougeait ! Daniel se précipita… Mais c’était un loup ! Effrayé, Daniel voulut faire demi-tour, mais le loup l’attrapa par son manteau. Tremblant le petit berger essaya de se libérer. Aussitôt, le loup lâcha prise et se mit à gémir. Alors Daniel vit sa patte qui saignait et il n’eut plus peur du tout. Il déchira un morceau de son manteau et lui fit un pansement. Le loup le regarda : « Tu veux que je reste près de toi ? C’est ça ? Je ne peux pas. Je dois chercher mon agneau. Lui aussi a peut-être besoin de mon aide ». Daniel réfléchit, puis posa une bougie à côté du loup : « Tiens, loup, cette lumière te réconfortera, te tiendra compagnie. Deux bougies me suffisent. Jean sera d’accord »

Le loup la garda tout content, et Daniel s’en alla.

Daniel chercha toute la nuit sans rien trouver. Au matin, il entra dans une petite ville. Un mendiant l’arrêta sur son chemin : « Un peu d’argent ! Donne-moi juste une petite pièce, s’il te plaît ? » Daniel s’arrêta : « Je n’ai rien non plus, je ne suis qu’un pauvre berger à la recherche de son agneau. L’avez-vous vu ? » « Je ne vois que la misère », dit le vieil homme. « Alors, prends cette bougie, c’est tout ce que j’ai ! Elle te donnera un peu de chaleur et de lumière », dit Daniel. Le mendiant prit la bougie en le remerciant et lui souhaita bonne chance.

Daniel passa toute la journée à demander aux gens s’ils n’avaient pas aperçu son agneau, mais personne ne l’avait vu. Découragé, il repartit dans les champs pour passer la nuit. C’est alors qu’il sentit à nouveau le merveilleux parfum de roses et de lys. Il entendit aussi les chants de joie ! Sa dernière bougie n’éclairait presque pas dans le noir, mais Daniel suivit le bruit des chants. Bientôt il distingua une étable, il s’approcha et entra. Dans l’étable, il faisait presque aussi sombre que dehors. Daniel restait timidement près de la porte, il ne vit rien. Mais ensuite, il aperçut une tâche blanche. C’était son agneau ! « Approche-toi », dit gentiment une voix. Plein de joie, Daniel vit, auprès de son agneau, un petit enfant couché sur la paille. Daniel se mit à genoux et posa sa dernière bougie à côté du bébé. Ce n’était qu‘une toute petite flamme, mais maintenant, elle se mit à briller comme un soleil. La pauvre étable fut éclairée comme une salle de fête ! Dans le ciel, les étoiles brillaient de plus en plus fort et les chants de joie retentissaient jusqu’aux bergers dans les champs !

De Marie Scheidl - Marcus Pfister, éditions Nord Sud

Bon Noël : que chacun de nous puisse trouver quelqu’un pour lui donner un peu de lumière quand, dans sa vie, il fera sombre… Et la lumière jaillira de toute part. Même un petit berger ou un Petit Enfant peuvent illuminer bien plus qu’un soleil !